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Dossier-Indénie–Djuablin : ces collèges de proximité qui soulagent parents et élèves 

A la précédente rentrée scolaire, les localités d’Affalikro et d’Amoriakro ont vu l’ouverture de leurs nouveaux collèges. Ces établissements secondaires ont été livrés aux populations quelque quatre mois après le lancement de leurs travaux. Ces infrastructures qui s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Social du Gouvernement en son volet « Projet à Impact des régions », sont les derniers nés des établissements scolaires secondaires dans la région de l’Indénié-Djuablin… pour le moment. Il s’agit de collèges de proximité à base 2. Depuis lors, les  parents sont soulagés. Les élèves, eux, n’ont plus besoin de parcourir de longues distances pour acquérir le savoir. Constat !

 

 Cette rentrée 2022-2023, l’ouverture du collège du quartier Henri Konan Bédié d’Abengourou  n’a pu se faire pour diverses raisons. Elle attendra l’an prochain. Mais six autres nouveaux collèges sont annoncés dans autant de localités de la région par le conseil régional que dirige le président Wouadja Essay. En clair, l’Indénié-Djuablin apparaît comme l’une des régions qui ont les meilleurs taux de couverture en infrastructures scolaires. 

Aussi lors de la remise des clés de ces nouveaux établissements les 2 et le 3 mars 2021, l’autorité avait-elle traduit toute sa reconnaissance au Président de la République Alassane  Ouattara pour ses nombreuses actions de développement dans la région. Il avait profité de l’occasion pour rappeler par ailleurs que l’Indénié-Djuablin est bénéficiaire de neuf autres collèges de proximité dans le cadre du     Contrat de Désendettement et de Développement (C2D). Les localités concernées sont Yobouakro, Manzanouan et Bangoua dans le département d’Agnibilékrou ; Abradinou (département de Bettié) Akoikro, Adaou, Adoukoffikro, Appoisso et Satikran (département d’Abengourou). Les travaux de construction de certains de ces établissements dont les sites ont été identifiés, commenceront d’ici peu pour le bonheur des populations.   Ils viendront enrichir la carte scolaire qui a vu émerger les collèges de proximité des localités d’Akoboissué, de Damé, de Diamarakro, de Dufrebo, de Sankadiokro, d’Agnibilékro, du quartier HKB d’Abengourou, sans oublier le bâtiment de quatre salles construit au sein du collège moderne Nanan Boa Kouassi III d’Abengourou. Ces établissements dont certains ont vu le jour à l’initiative du conseil régional soulagent particulièrement les populations.

RAPPROCHER APPRENANTS ET ECOLES

 

Avant le projet des écoles secondaires de proximité lancé par le ministre de l’Education nationale d’alors, Kandia Camara, il n’était pas rare de voir des élèves à peine sortis de l’adolescence quitter leurs villages et campements pour leurs écoles situées à plusieurs dizaines de kilomètres de leur lieu d’habitation. Cette situation, véritable casse-tête pour les parents et les acteurs du système scolaire, avait naturellement d’énormes conséquences fâcheuses pour le concerné lui-même et pour ses parents. En effet, faute d’avoir un tuteur qui consentirait à prendre sous son aile le gamin à peine sevré, les parents se résolvaient à lui trouver un logis en location. Les élèves se partageaient la maison de fortune où la promiscuité avec toutes les conséquences que l’on devine était le cadet des soucis. Le taux d’échec était à l’avenant, vu que les enfants étaient livrés à eux-mêmes par manque de suivi des parents qui vivaient très loin. Il arrivait d’ailleurs que certains parents décident que leur progéniture ne s’inscrive pas en sixième par manque de moyens et dans l’impossibilité qu’ils étaient de trouver des tuteurs.  Les infortunés apprenaient la vie de façon brutale, à la merci d’adultes peu vertueux qui exploitaient sexuellement les gamines et initiaient certains garçons aux affres de la pègre locale. Ce sont tous ces risques qui ont connu une fin avec la construction des collèges de proximité. Pour les jeunes élèves, les premiers concernés par le projet, la création de ces écoles présente quelques avantages même si des lacunes doivent être revues. « Il y a un collège de proximité dans mon village. J’ai fait les classes de la 6e et de la 5e là-bas. Mais j’ai préféré que mes parents m’envoient en ville car certaines matières n’ont pas de professeurs. En plus, les professeurs n’aiment pas rester longtemps dans le village car ils n’ont pas de maison », fait observer le jeune Tanoh Etienne, élève en classe de 4e dans un établissement secondaire d’Abengourou.

Malgré ces insuffisances, aujourd’hui dans l’Indénié-Djuablin, chaque chef-lieu de sous-préfecture et presque tous les gros villages disposent de leurs propres collèges de proximité. Ce projet a impacté positivement la scolarisation à telle enseigne que la région figure parmi celles qui ont les plus forts taux d’enfants scolarisés. Les parents sont particulièrement heureux de l’initiative gouvernementale, à l’image d’Adou Koumassi, un ressortissant de Dufrebo dans le département d’Agnibilékro. « Cette solution est excellente pour les parents. Une de mes nièces qui avait été affectée à Agnibilékro nous était revenue avec une grossesse. Nous avons certes blâmé la petite, mais nous sommes responsables. Car par manque de tuteur, elle et ses autres cousins et amis vivaient ensemble dans la même pièce. Un autre de mes petits-fils avait abandonné l’école. Livré à lui-même à Abengourou, il faisait l’école buissonnière. Nous n’étions pas présents pour le suivre. Il allait aux cours quand il le voulait et s’est fait renvoyer. Nous ne l’avons su qu’à la rentrée suivante lorsque mon fils est allé pour l’inscrire », confie Amoikon Siriki, fonctionnaire à la retraite à Tanguelan.

K. Donatien est un inspecteur d’orientation. Pour lui, la création et la mise en service des collèges de proximité sont une aubaine à divers titres. « Je pense que dans la vision de l’Etat, c’était d’alléger la tâche aussi bien aux parents qu’aux élèves. Lorsque les enfants étaient emmenés après le Cm2 loin de leur lieu habituel d’habitation, cela posait de nombreux problèmes aux parents qui étaient tenus de trouver un tuteur pour leur progéniture, ce qui n’est pas du tout facile de nos jours, sans compter l’accompagnement financier qui va avec. Souvent ils étaient obligés, cas de force majeure, de louer des maisons pour les enfants. Ce qui induit nécessairement un problème de suivi scolaire. Du coup la proximité peut atténuer ces coûts financiers et renforcer le suivi par la présence des élèves à côté de leurs parents notamment. Les élèves sont les principaux gagnants car il n’y a pas lieu de s’adapter à un nouvel univers environnemental, pas de souci au niveau alimentaire non plus, de meilleures conditions de travail, en somme. Pour l’Etat c’est une aubaine pour décongestionner les écoles afin de mieux gérer les effectifs selon les normes adéquates. Cela va favoriser de bons résultats en rendant le travail du formateur aisé. Mais le gros hic est du côté de l’Etat qui n’arrive pas à aplanir le cadre, c’est-à-dire le concept d’école de proximité pour en tirer le meilleur bénéfice. On peut ainsi déplorer l’absence criante de professeurs, l’absence de logements adéquats dans les villages où sont implantées ces écoles… Du coup comme il y a cette disparité, les parents préfèrent envoyer leurs enfants dans les écoles où les conditions sont réunies (généralement en ville) par affectation ou transfert », analyse le spécialiste.

Toutefois, en plus d’être une solution pour la scolarisation des enfants, les collèges de proximité se présentent comme des accompagnateurs efficaces de développement. En effet, les personnels affectés dans ces écoles accroissent la consommation dans les localités concernées. Dès lors, les cadres sont de plus en plus actifs quant à la construction de maisons d’habitation et la mise en place d’autres services pour lesquels les nouveaux arrivants sont des partenaires sûrs. « Rapprocher les élèves de leurs écoles est une bonne idée pour nous les cadres. Lorsque l’on parle de développement, c’est un processus et un ensemble d’éléments intégrés. Avoir des écoles dans les petites localités, c’est s’assurer d’avoir des infrastructures, des personnels, du mouvement dans les villages. Tout ce monde doit être logé et nourri. Et c’est là que nous les cadres entrons en jeu pour construire des logements, des lieux de restauration et d’autres services qui ne font que démultiplier les arguments en faveur de nos villages. De cette façon, les villages seront plus attractifs et se développeront » fait observer Assandé Laurent, cadre du village de Sankadiokro à 12 kilomètres au Nord d’Abengourou. Depuis l’extension des infrastructures scolaires, les taux d’échecs et d’abandons scolaires s’amenuisent.

DES EFFORTS ATTENDUS

 

Si les petites localités semblent pourvues de façon satisfaisante en établissements scolaires secondaires et primaires, il y a une certaine urgence à ce que les grandes villes voient leurs répertoires scolaires évoluer. Au regard de l’explosion démographique, il est plus que vital d’accroître les capacités des établissements existants et même d’en créer de nouveaux. En effet, les établissements scolaires surpeuplés sont contraints d’adopter comme solution, l’instauration de la double vacation. Cette pratique n’est pas sans inconvénients. Les élèves arrivent très souvent en retard pour les cours de l’après-midi qui commencent à 13 heures. Très fatigués, ils ont du mal à suivre les cours de leurs professeurs.

Par ailleurs, il faut veiller à retenir les acteurs de l’école que sont les chefs d’établissements, les enseignants et autres éducateurs dans les localités où sont implantées les écoles de proximité. En effet, la plupart de ces personnes ne demandent qu’à quitter les postes presque déshérités par manque de maison et parfois d’eau potable accessible. Une des solutions serait d’encourager les cadres à construire des habitats décents pour loger les fonctionnaires envoyés par l’Etat, en leur facilitant l’accès à des crédits  destinés à construire des logements dans les villages concernés. Cette solution pourrait encourager les enseignants à se fixer dans les villages de façon plus durable.

 Armand Déa, Correspondant

Publié le 03 Octobre 2022 | Le Patriote
 
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