L’Institut national de formation judiciaire (INFJ) a reçu une délégation de l’Agence française de développement (AFD), à l’occasion d’une visite de travail marquée par la mise en lumière des acquis et perspectives du système de formation judiciaire ivoirien.
Présentant son établissement à ses hôtes, le directeur général de l’INFJ, Lébry Marie Léonard, a indiqué que c’est un décret de février 2005 qui a créé cet établissement public placé sous la double tutelle des ministères en charge de la Justice et des Finances.
L’établissement assure le recrutement et la formation des personnels judiciaires avec quatre écoles spécialisées couvrant la magistrature, les greffes, l’administration pénitentiaire et la protection judiciaire de l’enfance et de la jeunesse.
Fort de 116 agents, 255 enseignants vacataires et 715 élèves en formation en 2026, l’Institut organise chaque année plus de 20 concours. Depuis son installation dans ses nouveaux locaux en 2020, construits grâce à un financement de 11,4 milliards de FCFA de l’AFD dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D), l’établissement connaît un essor notable.
Le nombre de candidats est ainsi passé de 10 000 à plus de 23 000, illustrant l’attractivité croissante de l’Institut. Toutefois, cette dynamique pose des défis en matière d’infrastructures et d’hébergement, auxquels le gouvernement ivoirien répond par la construction de nouveaux équipements, dont un campus de 230 lits supplémentaires.
Parallèlement, l’AFD a soutenu la formation continue et la gouvernance du système judiciaire ivoirien, avec des financements ayant permis de renforcer les capacités de plus de 1 600 acteurs entre 2013 et 2015, ainsi que de nouveaux appuis dédiés à la modernisation, notamment à travers le développement du e-learning.
Prenant la parole au nom de la délégation, Lionel Yondo a salué les efforts du gouvernement ivoirien, soulignant que le programme C2D justice constitue « un projet emblématique » au regard de l’ampleur des investissements réalisés, tant au niveau des infrastructures que de la formation.
M. Yondo a relevé que la qualité des équipements judiciaires contribue à renforcer la crédibilité de la justice et favorise un meilleur accès des citoyens au droit, tout en consolidant l’attractivité économique du pays.
Puis, il a qualifié d’« audacieux » le choix de la Côte d’Ivoire de fonder son développement sur les valeurs de justice et de respect du droit. Il a salué l’engagement des formateurs et des élèves, qu’il considère comme les véritables artisans de cet édifice.
« Une société ne peut être régie que par des principes de justice », a-t-il affirmé, soulignant que cet engagement constitue un modèle pour le continent africain.
Il s’est également félicité de voir la Côte d’Ivoire s’affirmer non seulement comme un acteur économique majeur, mais aussi comme un pays engagé dans la construction d’une société inclusive fondée sur l’État de droit.
À l’issue de la visite, les intervenants ont unanimement salué l’INFJ comme un symbole fort d’une coopération réussie entre la Côte d’Ivoire et la France, au service du renforcement du système judiciaire et de la consolidation de l’État de droit.
gso/fmo